dim, 5 juillet 2020

Le Covid-19 et la débâcle du régime.

C’est un paquet de responsables qui ont défilé devant les médias pour soit disant prévenir mais surtout pour se laver les mains de toutes responsabilités quant aux répercussions de la pandémie du Covid-19 en Algérie. Le but étant de réapparaître au bout de quelques temps pour nous rabâcher les fameux leitmotivs du régime  du genre “On vous l’a dit”, “ le peuple n’écoute pas”,  “ dernalkoum” et “djebnalkoum”, comme si que d’agir avec les moyens de l’état était une faveur accordée aux citoyens !

Les mesures de protections recommandées par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) ne sont appliquées dans aucune ville ayant enregistrée des cas de Covid-19. Le confinement total est peut-être respecté durant le couvre feu mais durant la journée c’est une toute autre histoire.


La distribution de la semoule ne se fait plus par les canaux habituels. On fait venir des gens que l’on amasse sur un côté d’un point de vente et à qui on remet un sac de 25 kg, après avoir vérifier que leur “dossier” d’achat respectifs est complet. Les distances entre les acheteurs ne sont pas respectées. Il suffit alors dans ce cas d’une personne atteinte du Coronavirus pour contaminer en l’espace de quelques minutes une centaine qui ira en contaminer d’autres.

Mustapha Zebdi, le président de l’organisation algérienne de protection et d’orientation du consommateur et son environnement (APOCE), a mis quant à lui carrément la responsabilité du manque d’organisation des files d’attentes sur le compte des citoyens et il demande aux responsables des points de ventes de faire respecter la discipline !
Même scénario auprès des guichets des agences de Algérie Poste pour le retrait des pensions de retraites. Dans la majorité des cas, ce sont les membres d’une population à risque ( de plus de 55ans) qui se bouscule pour retirer son argent.

C’est aux agents de sécurité aux moyens faibles ou aux associations d’assurer l’ordre public ! Mais vraisemblablement dépasser, la ruée n’a pu en aucun cas être complètement contenue. Les distances de prévention ne sont pas respectées.
Et dire que le régime n’a jamais hésité auparavant à mobiliser des colonnes entières de Policiers ou de Gendarmes pour la moindre manifestation, fut elle pacifique !
Les familles des victimes du Covid-19 ne reçoivent ni condoléances, ni indemnités en guise de soutien. Et les dépouilles de leurs proches qui ont succombé au Covid-19 sont remises aux familles sans la moindre consigne sanitaire bien que extrêmement contagieuses !

Et enfin pour se laver les mains de tous cela, Tebboune se réfugie dans la religion en annonçant “la fin du destin” – el adjel- pour ceux qui meurt du manque de soins !  
Veut-on faire de l’Algérie le nouvel épicentre du Covid-19 ? Quelle autre explication pourrait sinon expliquer ce laxisme?! 


C’est bien de permettre aux Chinois de venir se rattraper sur les conséquences de la pandémie du Covid-19 mais ce n’est pas cela qui expliquera les états de délabrement des hôpitaux, l’effondrement du système de santé et les milliers de médecins algériens en exil dont la France en premier se réjouit d’en bénéficier sans avoir payer un sous pour leurs formations et qui de plus les a trainé dans la boue pendant des années en rejetant leurs compétences.
En tout état de cause, nous avons là le résultat de 58 ans de régime. 

 المجد والخلود لشهدائنا الابرار و تحيا الجزائر

Chafik Ben Guesmia

cbenguesmia@yahoo.com


La constitution de Tebboune.

Projet de constitution: Le peuple n’est pas souverain, c’est le président qui est le souverain du peuple !
Le projet de constitution proposée par Tebboune fait encore l’apologie d’un régime présidentiel quasi total pour ne pas dire monarchique où les pouvoirs du président sont encore exacerbés au mépris de l’Assemblée nationale, de la justice et au mépris du Peuple. 

Dans la Constitution version Tebboune, l’Assemblée nationale est encore reléguée à un rôle “de caisse enregistreuse” sans dimension et sans réel pouvoir pour peser sur les projets de lois imposés par le gouvernement et par le Président. L’Assemblée nationale demeure sous une menace permanente de dissolution selon l’article 156. Les députés ne sont plus là pour représenter le peuple mais pour adopter un projet de loi ou de se retrouver ou dehors ou menacés par leur hiérarchie partisane.L’Article 156 signifie la remise en cause et la suppression du choix des élus  du peuple, sur simple décision du président! 

Le président a ainsi le pouvoir de renvoyer des élus !
Le président contrôle la cour suprême, nomme les magistrats et nomme ses représentants à la cour constitutionnelle mettant ainsi en péril l’indépendance de la justice.Un seul homme fait ainsi contre poids à la justice de tout un pays!

La politique intérieur c’est le président et la politique extérieur c’est encore lui, même si l’Assemblée nationale serait consultée pour l’étude des traités internationaux, elle ne peut en aucun cas faire des propositions en la matière et encore moins d’en signer sans le consentement du Président. Ce dernier dispose aussi du droit de grâce comme un véritable monarque, qui à l’occasion de la fête du trône ou de la naissance d’un héritier, va prendre la décision de pardonner à des prisonniers..

Et alors que l’on cherche à en finir avec le za3imisme, on nous invente le poste de vice-président,un poste destiné à un non élu pour seconder fakhamatouhou, qui deviendra à son tour un président à deux mandats pour faire la somme des 20 ans d’un même pouvoir!
Et ce vice-président devenu président choisira un autre ou hiya rayha, à perpétuité avec un même pouvoir !

Simplement, ce projet de constitution émanant de Tebboune ne répond en aucun cas aux préalables structurels d’une démocratie et comporte une contradiction majeur entre son article 7 alinéa 2 et le reste d’un travail bâclé, démagogique et populiste : le peuple n’est pas souverain, c’est le président qui est le souverain du peuple ! 

La souveraineté du peuple ne prend forme ni auprès du pouvoir législatif , ni auprès du pouvoir judiciaire. 
Ce projet de constitution doit être rejeté dans sa totalité. Nous sommes en 2020 et on veut encore soumettre tout un peuple à la volonté d’un seul homme!

On ne s’attend pas à ce que ce projet de constitution fasse l’objet d’un référendum, il sera adoptée comme la précédente constitution par une Assemblée faite de députés issus d’une élection truquée. Donc on n’a rien à dire, ni oui ni non et le débat ici est déjà clos!
Pour ceux qui prennent exemple sur les pays économiquement avancés à coup de copier/coller, il a bien été démontré durant cette dernière décennie que les régimes présidentiels sont en chute libre et que le système bicaméral ( sénat + assemblée) a fait échouer la justice et briser la volonté populaire à maintes reprises, dans pratiquement tous les pays où il est imposé. Se prévaloir d’une légitimité ou d’une démocratie dans ces cas là, est purement chimérique.

! المجد والخلود لشهدائنا الابرار و تحيا الجزائر

Chafik Ben Guesmia

cbenguesmia@yahoo.com