Le come-back raté de Djemila Benhabib

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Par : Bouazza Mache

Djemila Benhabib, que nous avions cru en congé sabbatique après sa cuisante défaite aux dernières élections provinciales, certainement en manque de visibilité médiatique, a pondu un article, cette fois-ci sur un sujet loin de la communauté musulmane du Québec ou des « islamistes » de son pays d’origine, l’Algérie.

Elle lui a choisi le titre provocateur « Le Maroc, un paradis pour pédophiles ».

Malheureusement, madame Benhabib n’a pas eu le succès auquel elle s’attendait, si ce n’est, de créer la polémique comme elle a l’habitude.de le faire. En puisant le maximum de son texte dans un article source publié dans le magazine belge Le Vif l’Express, Benhabib a, selon mon avis, manqué de profondeur et d’efficacité.

Analyse très superficielle d’un sujet aussi complexe que la pédophilie ou la prostitution juvénile, le texte de madame Benhabib a pris l’allure d’une logorrhée ou plutôt d’une diarrhée de préjugés à l’endroit d’un pays ou d’une société qu’elle connaît mal.

Et comme elle ne peut s’empêcher de surfer sur son « spot » préféré : l’islam, elle a pris la peine d’ajouter ceci : « Comme toute société normée par l’islam, la règle en or pour ce type de phénomènes sociétaux, c’est de garder le silence, ne rien dire, ne jamais dénoncer les abuseurs, surtout s’ils sont riches et puissants. » Sans être spécialiste de la question, je la défie de me sortir une étude crédible qui ferait le lien de causalité entre ce phénomène et la religion d’une société. De mon avis, il s’agit là d’une manifestation plutôt culturelle que religieuse.

À la fin de son texte, madame Benhabib fait un lien avec un « autre détail » : le magazine Forbes a récemment publié un classement des dirigeants arabes selon leur richesse. Il y apparaît que le roi du Maroc, Mohammed VI , figure dans le top 10 de ce classement. « Roi, de plus en plus fortuné et peuple, de plus en plus appauvri, voilà qui résume bien l’aspect le plus inégalitaire de la société marocaine. »

Trouvez-moi encore le lien entre la richesse d’une royauté et le phénomène de la pédophilie. La pédophilie est un phénomène mondial. Des pays asiatiques ou de l’Europe de l’Est en sont aussi parmi les plus touchés. Ce n’est pas la richesse d’un pays ou sa religion qui vont combattre ce fléau. Plusieurs éléments doivent y contribuer : l’éducation, la sensibilisation, l’arsenal juridique, et la prise en charge des victimes.

D’ailleurs, même le Canada, avec son arsenal juridique et son tissu associatif dense qui lutte contre ce phénomène, est considéré parmi les pays les plus touchés.
Dans un rapport du département d’État américain sur le trafic des personnes, il est affirmé que le Canada demeure un pays-source, de transit et une destination pour le trafic sexuel des enfants.

Canada is a source, transit, and destination country for men, women, and children subjected to sex trafficking and forced labor. Canadian women and girls, particularly from aboriginal communities, are found in conditions of commercial sexual exploitation across the country. Foreign women and children, primarily from Asia and Eastern Europe, are subjected to sex trafficking; sex trafficking victims have come from China, Hong Kong, Fiji, Taiwan, South Korea, the Philippines, Romania, Ukraine, and Moldova, in addition to other countries and territories. Asian victims tend to be prevalent in Vancouver and Western Canada, while Eastern European victims are trafficked to Toronto, Montreal, and Eastern Canada.
Dans la deuxième édition de son rapport sur le Canada (2012), End Child Prostitution, Child Pornography and Trafficking of Children for Sexual Purposes (ECPAT International), a affirmé, sur la base de documents officiels « En dépit des lois et des peines sévères, les délits de pornographie impliquant des enfants ont augmenté considérablement au Canada.»

Le Canada est actuellement le troisième parmi les pays accueillant le plus grand nombre de sites de pornographie juvénile dans le monde. Si madame Benhabib veut jouer l’humaniste universelle qui défend les droits des enfants, elle a suffisamment de pain sur la planche ici même sans avoir besoin de voyager 7000 kms pour plaidoyer sa cause.

Aussi, elle aurait dû dénoncer, comme des milliers de Québécois, les crimes contre les enfants de Gaza et défendre leur droit à la vie. Mais, hélas! Madame Benhabib est incapable de vivre hors du trouble, voilà la raison pour laquelle je préfère la qualifier de « polémiste » plutôt que de véritable journaliste ou auteure.

Par Bouazza Mache – Fondateur de l’agence MarkEthnik

SOURCE : HUFFINGTON POST QUÉBEC
http://quebec.huffingtonpost.ca/